Charte de la localisation – Dakar 2023
Notre ambition pour un humanitaire localisé: Une situation propice au leadership humanitaire inclusif, moins élitiste et plus contextuel et authentique, basé sur des initiatives communautaires et des connaissances endogènes ; la reconnaissance et la valorisation du leadership existant ; un dialogue réciproque entre bailleurs, organisations locales et bénéficiaires ; une confiance réciproque entre acteurs internationaux et nationaux; une réponse coordonnée avec les communautés au cœur des interventions; une action visant à moins de perte de vies humaines et humanitaires et plus de respect du DIH.
Principes généraux : Pouvoir Décisionnel, Influence, Cocréation, Leadership Communautaire, Complémentarité, Confiance, Transparence, Accompagnement, Coaching, Appropriation, Partenariat, Visibilité, Responsabilité, Respect mutuel.
Axes et actions proposées :
1. Consolidation du leadership humanitaire des acteurs locaux
1.1. Pouvoir/gouvernance
a. Coconstruire les projets avec les bénéficiaires, les acteurs locaux ainsi que les bailleurs qui les financent.
b. Consolider des partenariats équitables et transparents à tout niveau.
c. Mettre en place un mécanisme de gouvernance inclusif pour le suivi, la redevabilité, l’évaluation conjointe et l’apprentissage.
1.2. Vulgariser les bonnes pratiques en matière de partenariat qui valorisent la mise en œuvre directe de la réponse humanitaire par les acteurs locaux.
a. Faciliter l’accès à la formation pour le personnel local non-cadre et rendre les informations sur les formations accessibles à toutes et tous.
b. Plaider pour l’accès direct aux financements des ONG Nationales et pour la réduction des intermédiaires.
c. Plaider pour des conditions de flexibilité et de répartition des coûts d’activités et des coûts indirectes appliqués aux organisations internationales soient équivalents pour les organisations locales.
d. Diversifier les sources de financement et favoriser la mobilisation des ressources locales pour les réponses humanitaires
1.3. Renforcement de capacités
a. Renforcer l’accès à la formation en leadership pour les acteurs locaux sur une approche participative tout en reconnaissant le leadership existant par l’utilisation d’une approche basée sur la cocréation et l’apprentissage mutuel.
b. Promouvoir le renforcement mutuel de capacités (entre ONGI, UN et ONGN).
1.4. Espaces de coordination
a. Identifier et intégrer les leaders locaux dans les espaces de coordination.
b. Renforcer la coordination au niveau local pour favoriser l’implication de tous les acteurs (communautés, communes, acteurs locaux, …) dans un objectif d’optimisation du plaidoyer.
2. Amélioration de l’accès aux ressources (finances et humaines) par les organisations locales
a. Renforcer l’accès aux outils et informations relatifs aux mécanismes de financements humanitaires.
b. Favoriser l’harmonisation et la transparence des rémunérations et avantages entre acteurs nationaux et internationaux.
c. Accompagner les ONG locales dans le perfectionnement de leurs services financiers, administratifs et de ressources humaines tout en reconnaissant et valorisant les compétences établies des acteurs locaux.
d. Favoriser la mise en place de stratégies conjointes de plaidoyer entre acteurs locaux, basé sur le plaidoyer des communautés, y compris des stratégies collectives sur les financements.
e. Favoriser et mesurer l’accès aux ressources par les organisations locales dirigées par des femmes.
f. Faciliter l’accès à la formation pour le personnel local non-cadre et rendre les informations sur les formations accessibles à toutes et tous.
g. Plaider pour l’accès direct aux financements des ONG Nationales et pour la réduction des intermédiaires.
h. Explorer l’accès et l’utilisation des nouvelles technologies pour améliorer les mécanismes de distribution de l’aide.
i. Diversifier les sources de financement et favoriser la mobilisation des ressources locales (micro-dons) pour les réponses humanitaires.
j. Favoriser l’accès aux fonds d’innovation pour piloter des modèles d’interventions plus impactantes et renforcer le co-développement entres acteurs.
k. Plaider pour des conditions de flexibilité et de répartition des coûts d’activités et des coûts indirectes appliqués aux organisations internationales soient équivalents pour les organisations locales.
3. Promotion de la sureté, sécurité et ‘duty of care’ pour les acteurs locaux – surtout pour ceux qui travaillent dans des endroits difficiles d’accès
Important : les propositions ci-dessous sont énoncées en gardant à l’esprit tout au long du processus l’exposition accrue aux menaces sécuritaires auxquelles sont confrontées les acteurs et partenaires locaux présents dans les zones d’intervention.
a. Impliquer d’avantage les leaders et acteurs communautaires lors de la phase d’identification des interventions.
b. Favoriser le renforcement des capacités des acteurs locaux quant à l’analyse sécuritaire et la gestion des incidents critiques développées par les ONGI et les UN. Travailler conjointement sur les analyses sécuritaires par le partage d’informations entre ONG locales et partenaires présents dans les zones d’intervention.
c. Débattre de la question des principes humanitaires, en prenant en compte la complexité de la neutralité et l’indépendance pour les acteurs locaux (dû à leur faible autonomie potentielle en tant qu’acteur local).
d. Accompagner et favoriser la mise aux normes des ONGN pour l’accès aux services de base, à la protection et à la couverture sanitaire et sociale.
e. Mettre en place un système de certification et de normalisation pour assurer un standard opérationnel et sécuritaire des ONGN afin de leur permettre d’être au même niveau opérationnel que les Organisation et agences internationales.
4. Promotion de la redevabilité et respect du DIH
a. Favoriser la mise en place de système national ou régional de feedback/dialogue pour les communautés afin de renforcer la transparence et la redevabilité des interventions.
b. Utiliser les cadres existants de partage d’information pour créer un espace d’apprentissage ouvert pour tous les niveaux/acteurs.
c. Renforcer les mesures de mitigation de risques sécuritaires pour tous les acteurs humanitaires (ONGI, ONGN, SNU) en vulgarisant les principes humanitaires et plaidant pour leurs respects
d. Faciliter la compréhension des principes humanitaires pour appuyer un meilleur respect du DIH.
e. Plaider pour la prise en compte et le respect des DIH pour toutes les parties prenantes d’un conflit afin de faciliter l’accès des acteurs humanitaires sur le terrain.
Pour toute information relative à la charte, contacter le Centre Pour le Leadership Humanitaire (CHL).















